Des larmes plutôt que des armes

February 16, 2017

Aujourd'hui, je lis un très beau texte d'Isabelle Padovani, dont je vous livre un extrait : "Je crois profondément qu'une société en laquelle l'expression de la vulnérabilité ne serait plus considérée comme de la "faiblesse", mais au contraire comme la force de celui qui ose accueillir et exprimer à 100% tout ce qui l'anime, serait le fondement d'un monde où il ferait enfin bon d'être humain. Là, quelle que soit notre origine, race, âge, sexe, nous pourrions enfin nous reconnaître et nous rejoindre en ce lieu intime de l'être, celui de nos émotions et de nos besoins, qui est le tronc commun de notre humanité et le garant de relations humaines vécues de cœur à cœur."

Ce texte me renvoie à ce magnifique stage que nous avons animé le week-end dernier, qui a réuni un petit groupe de femmes "sur le chemin", chacune avec leur histoire, leurs failles bien particulières et en même temps tellement partagées...Il y eut des moments de rires, il y eut des moments d'émotion intense, des larmes.

C'est toujours infiniment émouvant que ces larmes qui coulent, et qui viennent doucement ouvrir une brèche, offrir un chemin d'accès à soi.

En tant qu'accompagnante, j'espère souvent cet instant durant lequel la vulnérabilité fait surface.

C'est la petite fille que l'on entraperçoit alors. Et qu'il convient d'apprivoiser, de rassurer, d'accueillir.

Souvent, la femme qui pleure se reproche ces larmes car "elle n'a pas de raison de pleurer", "elle a tout pour être heureuse", "c'est ridicule de pleurer en public" ..ou bien "elle ne veut pas déranger les autres avec ces larmes".

Mais quel plus beau cadeau que celui-là: laisser voir sa vulnérabilité, la laisser couler dans l'espace commun. Venir nourrir ce grand "bain des femmes" par ses larmes. Permettre ainsi à l'autre d'en faire autant, de déposer les valises, les fardeaux, les armures, et parfois les armes. Armes la plupart du temps tournées vers soi-même.

Je me revois petite fille, apprivoisant un chat sauvage, jour après jour. M'approchant d'un pas, puis d'un autre, et puis un jour, pouvoir le caresser. C'est le même chemin que nous avons toutes à faire pour apprivoiser notre part blessée, la rassurer, lui assurer que nous ne lui voulons que du bien. Pour un jour prendre la petite fille dans ses bras et sentir son coeur fondre.

 "La source" - Photographie: Laurence Verrier

 

 

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