Dans mes mains ouvertes, je te transmets des perles.


Laurence vous parlait la semaine dernière de cet arbre GYN ECO LOGIQUE et de cette belle façon de reconstituer ce tableau d’ensemble, avec toutes ces femmes de vos lignées et celles qui ont pu vous inspirer. Comme il est important de se délester de ces poids qui ne nous appartiennent pas, de rendre sa place à une de nos ancêtres qui l’avait perdue, d’alléger ce « tout » pour se sentir libre d’avancer. Libre d’avancer et de transmettre ! Car voilà le cœur du sujet de ce jour :

Que transmettons-nous à nos filles ? A nos fils ?

Le jour où j’ai appris que j’étais enceinte de mon fils, je suis allée m’asseoir sur un banc et j’ai paniqué pendant une heure. J’avais besoin de mettre à plat toutes mes peurs : serais-je une bonne mère, serais-je à la hauteur, ne suis pas trop ci ou trop ça, est ce que je ne vais pas lui transmettre mes doutes, mes angoisses et celles de mes ancêtres ? Une fois la panique passée, j’ai pris rendez-vous chez la psy pour nettoyer mon arbre et travailler sur mes lignées. Lorsque je suis tombée enceinte de ma fille, d’autres questions sont apparues que je n’avais pas eu pour mon fils. Que vais-je transmettre à Juliette de ce que m’ont transmis mes grands-mères ? Que vais-je lui offrir de ce que m’a offert ma mère ? Comment vais-je lui parler de ces femmes qui m’ont précédé ? Quelles valeurs dois-je lui donner ? Qui sont donc celles qui m’ont précédé ? Je me suis donc replongée dans mon arbre gynécologique et des choses qui ne m’avaient pas interpellée sont apparues alors.

Je lui ai donc parlé de celles, qui, pour moi ont eu de l’importance, et aussi celles qui m’ont surprise, fascinée, fait douter, inquiétée, celles qui m’ont fait peur, celles qui n’avaient pas de place, celles qui luttaient ou celles qui se soumettaient. J’ai inclus ma fille dans ce grand tout et elle a été accueillie dans ce grand tout. Comme si étant dans mes bras, elle était aussi dans les bras de ma mère, ma grand-mère et de toutes ces femmes. Comme un berceau bienveillant et fort. Je lui ai parlé aussi de celles qui étaient absentes, transparentes. Elle sait d’où elle vient.

Je lui ai transmis la possibilité d’être unique, de faire partie de ce tout et d’être indépendante. Je lui ai transmis le livre de celles qui l’ont précédée où elle pourra à loisir remplir les pages blanches de sa propre vie. Tu créeras ta vie, remplie de l’énergie de ces femmes et libre de choisir où te mèneront tes pas.

Je sais qu’il n’est pas toujours facile de vivre avec ce poids du passé, mais vous pouvez en ayant fait ce travail sur votre arbre, transmettre quelque chose de plus doux, de plus apaisé, de plus serein. Ce ne sera jamais parfait, mais qui veut de cette perfection-là ? N’est-ce pas de nos bosses et de nos aspérités que nous tirons le meilleur de nous-même ?

« Moi Malaka, fils élevé dans le désert par une mère qui parlait aux pierres, je vais raconter Salina, la femme aux trois exils. Je vais dire ma mère qui gît là, au fond de la barque, et le monde qui apparaitra sera fait de poussière et de cris. (…) Les mots que je vais prononcer, je les tiens de loin. Ma mère me les a racontés mais elle ne s’en souvenait pas non plus. Elle les tenait d’une autre voix : celle de Mamanbala. C’est elle qui lui a raconté ce que je vais dire. Moi, Malaka, fils d’une longue chaîne de voix, je reprends les récits d’avant ma vie et de bouche en bouche, de veillée en veillée, je vous fais parvenir ce que fut cette journée. Ne vous fiez pas à ma solitude, nous sommes nombreux dans cette barque : tout un monde se présente à vous par ma voix. »

Salina, les trois exils de Laurent Gaudé. Actes Sud

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